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Violences et médiasLes médias , quel que soit leur niveau d'éthique, ont un but principal, qui est de survivre dans une époque économiquement cruelle pour eux, et le sujet des violences conjugales correspond à un désir d'information, malsain ou non, de la part d'un large public, et à un désir d'audience des personnels politiques, la réelle compassion n'étant le plus souvent le fait que d'une partie du public, hors d'état d'être efficace. La relation des violences conjugales permet au public de s'apitoyer, aux politiques de se faire passer comme des protecteurs des malheureuses victimes, aux médias de faire fructifier l'audience. Il est même des médias pour lesquels les victimes de tous ordres sont un vrai fond de commerce, et certaines sociétés de fabrication d'émissions de télévision démarchent les Avocats en vue d'entrer en contact avec leurs clients, pour pouvoir les exhiber à l'antenne. Il s'avère que passer sur un plateau de télévision est une épreuve particulièrement cruelle, dont la victime ne reçoit aucun bénéfice. Il faut évidemment se trouver dans un état de profond dénuement émotionnel pour croire à l'empathie fabriquée des animateurs de ces émissions, qui tentent de se faire passer pour des « journalistes » ( hemigway, albert londres, stanley, n'écoutez pas !) et penser qu'un peu de commisération, même feinte, pourrait leur etre d'un quelconque secours. Ce n'est que par cette extrême détresse, par une curiosité mal dirigée, et par un vif encouragement exhibitionniste, que la victime va se retrouver « passer à la télé ». Dès le lendemain, reconnue par tous ses proches, la victime va recevoir les conseils de toutes les bonnes ames qui jusque là ne se souciaient guère d'elle, et sans doute son boulanger se transformera en psychologue forain. Il faudra faire face à une brutale célébrité, sans avoir la moindre préparation à ce nouvel état, et même découvrir les insultes de ceux qui auront pris le parti de l'auteur ! Il y aura des groupuscules extrémistes de féministes anti-mâles qui tenteront d'enrôler tant la victime que toutes celles qui compatiront, et ce sera une nouvelle découverte que la haine est une réponse couramment pratiquée. Pire encore, une petite quinzaine plus tard, il faudra bien constater que le cas n'intéresse plus personne, et que toutes les conversations portent désormais sur le sujet de la dernière émission, ce zoophile si émouvant?.. Il faut bien en conclure que l'exposition abusive aux médias est une grave violence, et que si notre société est si mal en point qu'il soit parfois nécessaire de faire du bruit pour etre entendu et reconnu, pour que la justice se décide, pour que les lois changent, le destin collectif des citoyens ne doit pas etre porté par une pauvre victime seule, qui n'en serait que plus détruite. Le statut de victime est en effet un piège , et il ne doit pas donner de telles satisfactions qu'il dissuade d'en guérir.
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